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GROUPE
HÉSIODE
L’ensemble
en question est formé en réalité par deux sous-groupes:
• Celui compris par les cromlechs qui
vont du 3 au 9, les deux inclus ; le point de référence
qu’on doit y observer pour trouver l’astérisme de comparaison
se situe dans la direction du Pic d’Orhi —126°— et ses
alentours et vers le sud jusqu’à environ 220°.
• Celui constitué par les cercles 11
et 12, dont la référence d’observation principale va
du NE au Pic d’Orhi, qui depuis le cercle 11 se détache
à 127° en direction du témoin principal du cercle, aujourd’hui
tombé.
On a appelé ce groupe « Hésiode »
car la disposition de ses cromlechs cadre à la perfection
du lever à la culmination lorsqu’on associe les cromlechs
et les étoiles en tenant compte des vers—609 al 614—
de Les Travaux et les Jours d’Hésiode, qui disent:
« Quand Orion et Sirius seront parvenus
à la moitié du ciel et que l’Aurore aux doigts de rose
pourra voir Arcture, ¡oh Persée!, cueille tous les raisins
et emporte-les dans ta demeure ; expose-les au
soleil dix jours et dix nuits. Conserve-les à l’ombre pendant
cinq jours, et le sixième, renferme dans les vases les
présents du joyeux Dyonisos. »
Proposition
de solution:
« Cercle 3: i d’Orion, de magnitude
2,77.
« Cercle 4: Saiph, k d’Orion, de magnitude 2,06.
« Cercle 5: Mirzam, b du Grand Chien, de magnitude 1,98.
« Cercle 6: Sirius, a du Grand Chien, de magnitude -1,46.
« Cercle 7: ‘ou 2’ du Grand Chien, de magnitude 3,02.
« Cercle 8: Wezen, d du Grand Chien, de magnitude 1,84.
« Cercle 9: Adhara, e du Grand Chien, de magnitude 1,5.
« Cercle 10: Aludra,
h du Grand Chien, de magnitude 2,45.
« Cercle 11: Spica, a de la Vierge, de magnitude 0,98.
« Cercle 12: Arcture,
a du Bouvier, de magnitude -0,04.
La table 1, réalisée en 540 a. C.,
reflète les coordonnées des étoiles représentées dans
le groupe Hésiode
— partie du dessin
2—. Les données de la table 1 ont été obtenues au
passage de Sirius par l’Orhi, direction clairement indiquée
au moyen de témoins dans divers cercles du groupe, dont
les numéros: 1, 8, 11 et 13 avec des particularités
et des variantes facilement observables sur le terrain.
En réalité, cette direction fut valable pour suivre
les pas aussi bien de Sirius que d’Antarès, luminaires
des deux extrémités de la Voie Lactée dans l’horizon
pyrénéen.
Le lever de Sirius en ce lieu et à
cette époque se produisait à environ 116° et légèrement
à gauche d’Orhi comme le reflète, aux alentours de ces
degrés, le témoin puissant du cromlech qui représente
Sirius, le numéro 6. On a figé l’image céleste de la
table 1 à l’instant qu’on considère le plus parlant
pour essayer d’expliquer et de défendre la proposition
faite ; on remarque que certaines des étoiles qui
sans aucun doute interviennent dans l’astérisme sont
invisibles au bord de l’horizon ou
juste en-dessous de celui-ci, fait qui n’entame
en rien la suggestion puisque les représentations pyrénéennes
correspondent en lignes générales à des séquences, constituant
un coup de pinceau plutôt qu’une photo instantanée.
| Table 1 |
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| Étoile |
Azimut |
Hauteur |
| a
du
Grand Chien |
127° 22’ |
11° 50’
|
| b du Grand Chien |
132°
56’ |
19°
38’ |
| o 2 du
Grand Chien |
126° 26’ |
3° 38’ |
| d du Grand Chien |
126° 20’ |
0°
48’ |
| e du Grand Chien |
129° 22’ |
- 0° 38’ |
| h du Grand Chien |
124°
29’ |
- 3° 19’ |
| k d’Orion |
138°
44’ |
23° 07’ |
| i d’Orion |
140°
53’ |
27°
34’ |
| |
|
|
| a du Bouvier |
12° 51’ |
- 13° 23’ |
| a de l’Hydre |
88° 58’ |
-
1° 19’ |
| a de la Vierge |
38°
30’ |
- 36° 52’ |
| a du Lion |
68°
30’ |
9°
16’ |
| a du Scorpion |
334° 47’ |
- 62° 27’ |
| h de la Grande Ourse |
8° 55’ |
17° 00’ |
| a de la Grande Ourse |
22° 43’ |
39° 45’ |
| d du Dragon |
326° 06’ |
36°
08’ |
| g des Gémeaux |
112°
59’ |
42° 33’ |
| b du Taureau |
127° 45’ |
61° 00’ |
| a du Taureau |
154°
21’ |
52° 25’ |
| a de la Baleine |
186°
42’ |
38°
45’ |
| a du Cygne |
299° 46’ |
24° 55’ |
| b du Cygne |
302°
35’ |
2° 48’ |
| a de la Lyre |
317°
20’ |
7° 57’ |
| b d’Orion |
147° 08’ |
26° 29’ |
|
Le cercle 6 qui représente
Sirius a un diamètre de l’ordre de sept mètres
et demi, chiffre anormalement bas comparé à
ceux observés dans les groupes étudiés dans
les bassins de l’Urumea et d’Oiartzun proches
de la côte cantabrique, où les cercles qui représentent
l’ a du Grand
Chien mesurent environ dix mètres. Je pense
qu’une telle discordance peut être attribuée
à ce qu’à Okabe, indépendamment de vouloir représenter
Sirius, les constructeurs eurent l’intention
de former une figure avec le reste de la constellation
et les deux étoiles qui accompagnent Orion.
En avançant de quatre heures
précises, ou de deux mois si l’observation se
fait à la même heure, comme on préfère, dans
la séquence qui s’arrêta dans la table 1 au
passage de Sirius par Orhi, les étoiles qui
nous intéressent dans l’histoire présentent
les positions que
|
marque la table 2,
justifiant la présence dans la séquence stellaire
des cercles 11 et 12 et conférant une base graphique
aux vers d’Hésiode.
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| Table 2 |
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|
| Étoile |
Azimut |
Hauteur |
| a du Bouvier |
56° 30’ |
11° 51’
|
| a de la Vierge |
88° 02’ |
1° 55’ |
| a du Grand Chien |
173° 12’ |
19° 43’ |
| b du
Grand Chien |
191° 23’ |
26 30’ |
| ‘o
2’ du Grand Chien |
179°
25’ |
24°
02’ |
| d du Grand Chien |
177° 28’ |
21° 51’ |
| e du Grand Chien |
179° 01’ |
18° 49’ |
| h du Grand Chien |
173° 12’ |
19° 43’ |
| k d’Orion |
204° 17’ |
29° 54’ |
| i d’Orion |
209° 39’ |
31° 22’ |
| |
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| a du Taureau |
241° 28’ |
37º 32’ |
| b du Taureau |
246º 27’ |
53º 56’ |
| g
des Gémeaux |
210º 03’ |
58º 29’ |
| b d’Orion |
212º 54’ |
26º 28’ |
| a du Lièvre |
202º 57’ |
21º 03’ |
| a de la Couronne Boréale |
38º 46’ |
3º01’ |
| |
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|
| b du Bélier |
270° 47’ |
9° 42’ |
| a de la Baleine |
247° 00’ |
11° 53’ |
| a de l’Hydre |
138º 10’ |
38º24’ |
| a de la Grande Ourse |
17° 04’ |
56° 29’ |
| h de la Grande Ourse |
32° 15’ |
33° 00’ |
| b de la Petite Ourse |
1° 06’ |
35° 48’ |
| a du Scorpion |
73° 13’ |
-41° 58’ |
|
On observe les deux cercles dans la direction
qu’indiquent les coordonnées de la table 2: 56°
pour Arcture et 88° pour Spica en consonance avec
les témoins respectifs des deux cromlechs. En
regardant les deux étoiles vers le quadrant NE.,
la construction des cercles paraît logique, compte
tenu de la situation apparente des deux étoiles
dans le firmament, Spica pointant à la droite
de l’horizon, et à environ 27° sur sa droite et
à 10° plus haut, Arcture. Pour capter le reste
du groupe, les
étoiles indiquées dans la solution proposée à
la page précédente correspondant au Grand Chien
et à Orion, il faut regarder vers le sud.
La carte
céleste numéro 1, issue du programme StarCalc
5.71, faite avec Sirius au sud près du lever de
Spica, aide à comprendre ce qui vient d’être dit.
|
Les
étoiles comprises dans le sous-groupe sont indiquées
en rouge, celles correspondant aux cercles 3 à 10, les
deux inclus, sont perçues au sud comme il se doit, avec
les dessins
1 et 2 ;
alors que les cercles 11 et 12 doivent être comparés,
en tournant les dessins vers le NE. et la carte stellaire,
où ont également été marquées en rouge les étoiles qui
leur correspondent, dans la même direction située entre
Spica et Arcture.
L’astérisme ainsi contemplé en deux
temps est un exemple paradigmatique dans le cromlech
pyrénéen : il s’ajuste parfaitement au paysage ;
les témoins indiquent avec précision la séquence stellaire
qu’insinuent les cromlechs ; le dessin que forment
les cercles est contracté sur la réalité, avec une précision
déjà rencontrée d’expert, la concordance diamètre cercles
/ brillance étoiles est plus qu’acceptable, comme toujours
dans le crp ; il compte sur des antécédents historiques
qui rendent compréhensible la réalisation de leur construction
à l’époque, comme c’est habituel ; les concepts
astronomiques qu’exprime le groupe ne sont pas une exception
dans le crp, ils se répètent dans d’autres endroits,
et un long etc.
Sirius, en l’an 540 a. C. —selon le
programme d’astronomie utilisé- naissait à 113° 36’
ce qui sur le terrain peut donner comme bon, pour signaler
le lever de l’astre, le principal témoin du groupe situé
dans le cromlech 6 à 116°. La table 1 reflète de façon
impeccable l’ascension du Grand Chien au passage de
Sirius par l’Orhi, au-dessus de la pyramide qui ressemble
à la montagne vue d’Okabe. Toute parole est inutile:
Il faut aller
voir. Malgré ce couronnement de la pyramide d’Orhi
par le Grand Chien ou inversement, les cromlechs d’Okabe,
comme on le verra plus loin, font partie d’une séquence
qui commence avec le lever de Sirius en commémoration
plus que probable du solstice d’été et du commencement
de l’année ; cela a été calqué avec des cercles
sur le terrain de façon un tant soit peu abstraite puisqu’on
observe, comme à d’autres endroits, que la géométrie
stellaire conserve une compacité évidente des étoiles
qui composent l’astérisme tout en signalant néanmoins
avec précision quelques alignements qui aident à rendre
reconnaissable la représentation, par exemple celui
des cercles 4, 5 et 10: Saiph, Mirzam et Aludra ;
cela est réellement parlant. Les concordances des diamètres
des cercles et des magnitudes des étoiles représentées
s’avère plus qu’acceptable, bien que certaines d’entre
elles diffèrent un peu de celles que nous avons actuellement.
La disposition des cercles par rapport aux étoiles me
semble absolument évidente et objective, malgré quelques
abstractions, dont l’analyse est à la portée de n’importe
quel amateur, raison pour laquelle nous n’allons pas
entrer dans les détails.
|
| |
Jusqu’à présent, sur toutes les
notes que j’ai écrites au sujet de ce groupe-
sauf une relative à une hypothétique division
de l’année en trois saisons en partant du lever
de Sirius–, le calendrier possible que reflète
en partie Okabe n’a été traité que de façon, disons,
qualitative, sans entrer dans des évaluations
quantitatives, plus risquées et plus compliquées
car elles obligent à définir le calendrier de
l’époque où ces monuments furent en vigueur, indiquant
une possible datation de ceux-ci. S’agissant d’une
affaire importante que je ne vais pas avoir le
temps de développer avec la minutie et la précision
qu’elle mérite et exige, j’avance ces notes sous
forme d’opinions personnelles, comme hypothèse
provisoire de travail qui me trotte dans la tête
et dans l’espoir de transmettre mes appétits à
des personnes plus qualifiées et plus aptes, et
surtout, plus jeunes. Des notes qui en aucune
façon peuvent constituer une conclusion ou une
thèse définitive sur la question mais un fil d’Ariadne
de plus dans le labyrinthe du cromlech pyrénéen.
Mes convictions
sur le calendrier pyrénéen, basées sur les études
commencées à Okabe et dans d’autres endroits,
ont expérimenté un retournement avec le décodage
de La Couronne des lunes, qui exige une réflexion unitaire définitive
qui ne va pas encore se produire ; cependant,
repasser Okabe après avoir examiné La
Couronne, oblige à exposer pour le moins ce
que suggère Okabe en matière de calendrier.
Dans l’étude systématique
et progressive menée sur le crp, en regardant
en arrière avec un souci d’intégration, le soupçon
qu’ils indiquaient des saisons naquit à Eteneta
II, pour se confirmer à Unamene, Etxelako Aritxuriak,
San Miguel Soro, Ezkeriturritako Gaina, Lepako
Estua, Iraurtza, Lizarrozko, Pagolletako Gaña,
Kauso et un long etc., divulgué ou encore sous
silence. En résumé, il est indéniable et prouvé
qu’une des fonctions du crp fut l’indication de
saisons et d’époques concrètes de l’année. En
ce sens, lorsqu’on fait connaître Okabe, il s’avère
impossible de l’expliquer sans s’aventurer dans
des considérations quantitatives. La représentation
du sous-groupe Hésiode, d’un point de vue formel,
me paraît non seulement bonne mais impeccable,
excepté quelques fautes de concordance :
diamètre cercle / brillance étoile. La position
d’Arcture plus au nord et élevée sur l’horizon
par rapport à Spica, la transcription de l’astérisme
du Grand Chien avec l’épée et le baudrier d’Orion,
et la position de tous les témoins du sous-groupe
indiquant la séquence hésiodique est tout simplement
remarquable.
Le crp, avec l’aide
des témoins de ses cromlechs, visait plus une
séquence qu’une photo instantanée céleste. La
séquence du sous-groupe semble se dessiner avec
netteté en suivant son commencement depuis l’apparition
de Sirius, témoin principal du cercle 6 –126º–,
en consonance
avec d’autres levers de Sirius: San Miguel
Soro, Ezkeriturritako, Pagolletako Gaina, etc.
Je suppose que la séquence continuait avec le
passage de l’étoile par le Pic pyramidal d’Orhi,
duquel semblait surgir le Grand Chien au complet
pour s’achever au passage de celui-ci par le zénith
précédé d’Orion sur le déclin en synchronie avec
le lever et l’élévation d’Arcture entraînant Spica
dans une succession qui enchaînait solstice et
équinoxe et qui, une fois reconnue l’éphéméride
symbolisée, incite à faire irruption dans les
éventuels antécédents historiques d’une telle
représentation.
Les connaissances
astronomiques qu’implique la construction du crp
sont d’une telle magnitude qu’on ne peut supposer
qu’elles aient été acquises in situ, à cause de
la visibilité habituelle médiocre dans la zone ;
par conséquent, on recherche des antécédents dans
d’autres endroits, comme on l’a dit et on le soutient
dernièrement en Mésopotamie. Cependant, avant
que cet élément ne ressorte de cet embrouillaminis,
Okabe avait présenté, d’une supposition
née à Eteneta II, un autre élément cohérent digne
d’être suivi ou, au moins, exposé : Hésiode,
dans les Travaux et les jours. Dans l’oeuvre citée, Hésiode, en plus de
citer Arcture, ce « Seigneur des hauteurs »
dans les vers 609-614 si souvent cités, qui impliquent
un alfa du Bouvier de lever héliaque, dit auparavant
dans les vers 565-570 : “Quand soixante jours
après la conversion du soleil, Zeus a terminé
le cours de l’hiver, l’étoile Arcture, abandonnant
les flots sacrés de l’Océan , se lève et brille
la première à l’entrée de la nuit ; bientôt
après, la fille de Pandion, la plaintive hirondelle,
réapparaître le matin aux yeux des hommes,
lorsque le printemps est déjà commencé.”, c’est-à-dire,
sans entrer dans de juteuses ressemblances suméro-acadiennes
avec la fille de Pandion qui pourraient s’enchaîner
aux antécédents astronomiques de l’auteur grec,
celui-ci indiqua les deux équinoxes en référence
à la même étoile, Arcture, à l’équinoxe d’automne
en rapport avec son lever héliaque, et, au printemps
avec le lever achronique. Au lever héliaque, on
prend en compte les astres à leur première apparition
à l’aube ; au lever achronique, l’apparition
de l’astre s’identifie au coucher du soleil. Lorsque
Hésiode dit, dans les vers 609-614 “… et l’aurore
aux doigts de rose pourra voir Arcture …”, il
se réfère, pour indiquer la saison d’automne,
à un Arcture héliaque ; alors que les vers
565-570, cités plus haut, se réfèrent sans ambages
à l’équinoxe de printemps et présentent un Arcture
achronique. En supposant, sans entrer dans des
précisions ni dans des discussions érudites, qu’Hésiode
ait été un auteur de l’an 800 a. C., nos ancêtres
étaient déjà capables, lorsqu’ils construisirent
le crp, de distinguer des époques de l’année opposées,
avec les mêmes étoiles. Une supposition qui amène
à penser que les cromlechs du groupe Hésiode purent
avoir la double fonction d’indiquer les deux équinoxes.
Quant aux solstices, disons provisoirement, il
semble qu’ils aient pu être indiqués par le lever
de Sirius. Cette proposition a un fond de vraisemblance,
au moins pour ce qui est du versant atlantique
pyrénéen, en raison du nombre de fois que nous
avons vu représenté Sirius à son lever, parmi
lesquelles Okabe n’est pas une exception. Le Sirius
d’Okabe, cercle 6, en lui-même, est une méditation ;
il suit la séquence et les synchronismes de son
évolution avec une précision totale, pas plus
cependant que celle d’autres endroits : le
témoin des 17º pourrait avoir pu être consacré
à suivre la position de la Grande Ourse, ceux
de 52º et 56º la rotation d’Arcture; celui de
96º semble une position de Spica ; celui
de 116º montre le lever de Sirius à cet endroit
à l’époque de sa construction ; celui de169º,
je dirais qu’il indique la rotation de Sirius
vers des positions équinoxiales et enfin, celui
de 296º, j’aime à penser que vers le Triangle
de l’été au commencement de sa disparition, dans
une proposition que j’ai effleuré à certaines
occasions avec une certaine légèreté, que je ne
maîtrise pas bien et qui perturbe l’initiation
au crp.
L’apprentissage
du crp au commencement est une affaire, disons,
géo-mathématique. Par exemple, sans être allé
d’abord à Aguiña II, et être monté au centre du
dolmen en regardant les pâles témoins qui se trouvent
dans ce qui dut être la périphérie après avoir
vu à l’horizon, à la hauteur des témoins, l’Auza
et à ses pieds un Pic d’Orhi enneigé- je dis enneigé
car on doit le regarder en hiver parce que l’absence
de feuilles dans les mélèzes qui occupaient le
lieu il y a des années permet de voir l’horizon-
on ne peut rien y comprendre. Ensuite, une fois
à Aguiña, il faut utiliser les mathématiques,
à la bonne franquette, comme alors mais avec quelques
progrès, hier et aujourd’hui : Auza et l’Orhi
semblent se trouver sur la même ligne, aujourd’hui :
disons 120º, hier je ne sais pas, peut-être que
là montent Sirius et Antarès, mais nous nous comprendrions,
nous serions entrain de parler de la même chose.
– Vous dites que ceci est un cercle
et qu’il représente Antarès, et que ce dolmen
est la planète porteuse d’âmes …?
– Je le dis et
je l’affirme, tout en sachant qu’une telle proposition
va provoquer de la méfiance, mais à Aguiña, vu
l’état dans lequel se trouvent les cercles, inutile
de parler, même si c’est évident.
Historiquement,
le lever de Sirius indiquait à de nombreux endroits
un début de solstice. Il n’est pas question ici
de tous les énumérer mais de retenir celui que
je considère le plus Pyrénéen, déduit des tables
Mul-Apin. Les tables Mul –Apin, dans leur composition
finale, datent de 700 a. C., bien que les parties
qui les composent procèdent de quelques siècles
auparavant et les ciels qu’elles montrent sont
ceux de l’an 1000 a. C., de telle sorte que les
citations astronomiques d’Homère et Hésiode semblent
provenir de ces tables, ou tout au moins, ne les
contredisent pas. Du groupe qui nous occupe et
de tout le crp en général, on pourrait dire la
même chose. La seconde liste d’étoiles des tables
Mul-Apin donne des dates d’un calendrier idéal
de douze mois de 30 jours pour constituer une
année de 360 jours marquée par le lever héliaque
de 35 constellations, parmi lesquelles il est
intéressant de distinguer maintenant: ‘Le 15 Du’uzu
la Lance KAK.SI.SA, pour simplifier, notre Sirius ;
le serpent MUSH et le lion UR.GU.LA sont visibles.’;
‘Le 5 de Abu, l’Arc BAN, sud du Grand Chien, et
l’étoile des rois LUGAL, Regulus, sont visibles’;
‘Le 10 d’Ululu, l’étoile d’Eridu, NIN, alfa Puppis
et le Corbeau, UGA, sont visibles’; ‘Le 15 d’Ululu,
SHU.PA d. Enlil, notre Arcture, sont visibles’;
‘Le 25 d’Ululu, l’épi de la vierge, notre Spica,
AB.SIN, est visible.’; ‘Le 15 de Tashritu, Zibanitun,
Balance, Le Loup UR.IDIM, le Sanglier, presque
tout Centaure et le chien assis UR.KU, Hercule,
sont visibles’. Une liste suivie de près par une
autre avec les jours de différence entre les levers
héliaques de 15 étoiles, parmi lesquelles on remarque,
applicables à ce sous-groupe d’Okabe : ‘Depuis
le lever de la lance KAK.SI.SA., au lever de SHU.PA,
il y a 55 jours.’; ‘ Du lever de SHU.PA, à celui
de AB.SIN , l’Épi de la Vierge, il y a
10 jours.’; ‘Du lever de AB.SIN, au lever Zibanitum,
Balance’, il y a 20 jours’. Totalisant un nombre
de 90 jours, depuis un solstice jusqu’à un équinoxe.
Duúzu, quatrième mois, était un mois solsticial
et Tashritu, septième mois, équinoxial. Les années
commençaient par le mois Nisan à l’équinoxe de
printemps. Sans penser à quand commençait l’année
dans les Pyrénées, la séquence stellaire d’Okabe
commençait avec le lever de Sirius et en première
instance, s’étendait jusqu’à peu après le lever
de Spica, peu après que « Orion et Sirius
arrivent à la moitié du ciel » comme le dit
Hésiode - sous la dictée des tables Mul-Apin?-
Je ne sais pas, et je ne sais pas non plus si
ce que disent les cromlechs d’Okabe de manière
graphique, a la même provenance ; je ne veux
qu’insister sur le fait que d’une manière différente,
ils expriment la même chose ; et en second
lieu, que dans la séquence d’un cycle, on peut
entrer par n’importe quel point, et pour le moment,
je préfère ne pas entrer et ne pas choisir entre
levers héliaques et achroniques.
|
|
|
L’évident Grand Chien au complet et
avec l’accompagnement d’Okabe, profite de la présence
quelque peu mystérieuse de deux étoiles d’Orion —cercles
3 et 4—. Dans ce travail, bien qu’il puisse paraître
le contraire au profane, et surtout à l’expert en archéologie
classique, lorsqu’il s’agit de tirer des conclusions
et émettre des jugements on ne tient compte que de « faits »
qui en aucune façon n’empêchent de chercher de nouvelles
voies dans des disciplines aussi fuyantes que l’étymologie
ou la ‘recherche d’une hypothétique religion’. Ces matières,
qui ne sont pas le fruit d’une génération spontanée
mais la conséquence du devenir de la propre étude, sont
traitées avec toute la rigueur dont je suis capable, tout en sachant
que pour l’instant elles ne sont que de simples hypothèses
de travail qui doivent être considérées comme indépendantes
et ne doivent pas minimiser les jugements de fait concernant
des matières aussi concrètes que la topographie locale
et l’astronomie. Lorsqu’on dit que le cromlech numéro
6 d’Okabe représente Sirius, on parle sérieusement,
en émettant un jugement de fait qu’on peut considérer
par ailleurs fiable, vu les constructions existantes
dans d’autres lieux ; en laissant de côté cependant
cet unique fait que j’essaie de transmettre: cromlech=étoile,
en même temps que l’existence intentionnée d’alignements
géographiques des groupes de cromlechs, je m’accorde
des licences dans d’autres domaines, non sans avertir
au préalable qu’il s’agit d’observations réalisées sur
des plans différents, pour le moment, de moindre fiabilité;
c’est pourquoi, en oubliant un instant les faits d’Okabe,
j’entre dans des considérations plus personnelles et
moins fiables, exprimées dans différents appendices.
Il semble nécessaire de rappeler qu’il
est utile et instructif, comme en tant d’autres groupes,
d’imaginer Okabe comme une séquence stellaire ayant
son début et sa fin dans la rotation céleste. En ce
sens, le cycle, dans le groupe Hésiode, fut interrompu
au lever de Spica à l’a de la
Vierge, pouvant considérer en accord avec les témoins
les plus distinctifs du groupe, que les éphémérides
les plus prises en compte purent être:
• Le lever de Sirius à cet endroit
en direction de 116°, au fil de 11° à gauche de l’Orhi.
Un événement pour lequel on a supposé, une fois mis
en heures, d’un jour de 24 heures, pour faciliter les
calculs par ordinateur, qu’il se produisait en fin d’après-midi
du 21 décembre de l’an 540 a. C. à 18 heures 35 minutes.
•
Le passage de Sirius par le Pic d’Orhi situé à environ
127°, 1 heure plus tard — à 19 heures 35 minutes—.
• Quatre heures —ou deux mois, selon
le cas— plus
tard que le passage antérieur —23 heures 35 minutes—,
se produisait le lever de Spica quand Arcture se trouvait
à 56° 30’, le Grand Chien culminant au sud et Orion
en dernier quartier comme nous l’avons vu à maintes
reprises dans d’autres endroits.
Comme résumé du groupe Hésiode, du point de vue astronomique,
celui-ci semble représenter le développement d’une séquence
stellaire qui commence avec le lever de Sirius à gauche
de l’Orhi, suit au passage la constellation du Grand
Chien juchée sur l’Orhi et continue jusqu’à la culmination
de cette constellation et d’Orion au sud, en synchronie
avec le lever préalable d’Arcture et le lever postérieur
de Spica, tous indiquant des positions de calendrier
déjà citées dans les tables Mul-Apin et dans les Travaux et les Jours d’Hésiode.
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