LIVRAISON 3 - La couronne des lunes

 
 

 

 

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

On a d’abord procédé à dessiner le groupe. Les constructeurs du cromlech pyrénéen —crp par la suite— utilisèrent des concepts clairs et empiriques faciles à comprendre.

• Le diamètre d’un cercle est proportionnel à la brillance de l’étoile représenté  par lui.

• Les témoins différenciés de chaque cercle ont un rapport avec l’étoile qu’il symbolise ou avec l’éphéméride astronomique qui a inspiré le groupe au sein d’un paysage encadré par les accidents géographiques visibles.

Et pas beaucoup plus : astronomie, cosmographie, religion, etc., de l’époque ; telles qu’étaient les Pyrénées dans la protohistoire, il est nécessaire d’étudier d’autres sources en cherchant des similitudes et des analogies.

En premier lieu, le cromlech pyrénéen est un phénomène qui a une présence et une constatation physiques, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’élucubrations dans le vide, sous la dictée d’une fantaisie, mais du suivi de la transcription de ceux qui écrivirent des étoiles avec des cercles, et ce qui est écrit peut être lu: c’est un calque du firmament, son alphabet ; disons pour simplifier, qu’il demeure, et son ordre, celui de la séquence stellaire, aussi.

La présence physique des cercles se matérialise par les dessins du groupe et de ceux-ci on déduit l’interprétation astronomique, il est inutile de dire qu’une interprétation correcte ne peut partir que d’une schématisation précise du groupe, pas toujours possible. Parfois nous devons nous contenter de ce que le passage du temps nous a laissé; en ce sens, en dessinant, il est préférable de nous restreindre à ce qui existe réellement aujourd’hui plutôt que d’ajouter des cercles  douteux qui auraient pu s’y trouver dans le passé. Les cercles qui, en dépit d’une certaine détérioration, n’admettent aucun doute quant à leur position et à leur diamètre, ont été dessinés à l’aide d’une ligne continue et ceux dont la définition est plus compromise ont été dessinés en pointillé. Les témoins ont été dessinés avec des lignes radiales, les plus grosses correspondant aux témoins les plus importants, par taille, forme, sculpture, etc. Le levé topographique de ce groupe a commencé en mai 2001 et a été divulgué en février de cette année 2003, dans une étude provisoire présentée d’urgence afin d’éviter la poursuite de fouilles qui ont détérioré le groupe. Ensuite, les 29 et 30 avril de cette année, on a pu procéder à la schématisation du sous-groupe sud après avoir nettoyé les broussailles qui l’en empêchaient et à une révision du dessin général de tout le groupe. Les schémas ici présentés, étant donné la pauvreté des moyens utilisés, ne peuvent être d’une précision absolue mais sont toutefois acceptables pour se rapprocher de l’intentionnalité de ses constructeurs, ils sont identiques aux précédents dans le groupe central, ils diffèrent un peu dans le sous-groupe nord et un peu plus dans celui du sud, ce sont:

Dessin 1, croquis général du groupe, à une échelle approximative de 1: 1000
Dessin 2, croquis à échelle 1: 500  du sous-groupe nord.
Dessin 3, croquis à échelle 1: 500, des sous-groupes centre et sud.

Les trois sont présentés en même temps qu’une carte stellaire—1— qui montre le parcours céleste du groupe, et que trois autres cartes stellaires supplémentaires—2, 3 et 4— en rapport avec le secteur céleste représenté dans chacun des sous-groupes.

Le dessin du sous-groupe sud, depuis février, a souffert quelques modifications avec l’apparition de quelques nouveaux cercles et le changement de statut d’autres, de nets à douteux, sans toutefois changer l’interprétation générale du sous-groupe.

Le PAYSAGE fut déterminant dans le choix de tout emplacement de cromlechs et on peut affirmer de façon catégorique qu’il constitue l’une des clefs de son décodage. Quiconque va aujourd’hui à  La Couronne à la recherche de paysage sera bien déçu. Le bois touffu de conifères où est situé le groupe empêche toute vision. Néanmoins, quiconque aurait l’intention d’appréhender la signification occulte de ces cromlechs, sera obligé de surmonter ces difficultés qui cachent l’horizon et avec l’aide d’une carte, essayer de le reconstruire en esprit. Guarrinza et son voisinage occupent une zone riche en cromlechs dans un paysage d’une beauté singulière. Les crp de La Couronne, situés dans la Forêt d’ Oza à l’entrée de la vallée de Guarrinza, semblent également profiter d’un fort bel entourage. Plus ou moins, en regardant au nord et en continuant dans le sens des aiguilles d’une montre: Arraya de las Foyas, Chanzonal, El Campanil, Las Piernas de Oza et Castillo de Acher, La Faja de Agüerrí, Punta de la Cuta, La Faja de Aguas, Lenito —coupant l’horizon à une hauteur d’environ 20º— , Atxar de Forca, Rincón de Alano, Estrivella, Txipeta Alto, et, par le Précipice de las Ferrerias, vers Atxerito, Sobarcal, Petrechema et Ansabere, pour continuer par le chemin des étoiles et des cromlechs vers le Pic d’Orhi et le Golfe de Gascogne.

Vu le nombre élevé de cercles de ce groupe, son interprétation astronomique n’a été possible qu’en partant de la sécurité absolue, acquise dans d’autres emplacements, de que tous les cromlechs pyrénéens représentent des étoiles ; sinon, on n’aurait pas tant insisté pour en découvrir les clefs. En portant un regard en arrière et aux phases qui ont jalonné le décodage de la signification de ces cromlechs, il est inimaginable de penser qu’un tel nombre de cercles situés, comme si cela ne suffisait pas, dans un bois aussi touffu, sans possibilité donc de voir le paysage ni le ciel qui les inspirèrent, auraient pu prouver le postulat cromlech = étoile. Au contraire, l’élévation au statut d’axiome de cette proposition, faite à d’autres endroits, a servi à persévérer dans la recherche de la signification occulte de ces cercles.

Ce groupe, le plus important en nombre de cercles, parmi ceux interprétés jusqu’à présent, a supposé un défi et l’aboutissement de la démonstration de l’idée crp = étoile, forgée tout au long de nombreuses années. Comment tous les groupes de cromlechs découverts jusqu’à présent pouvaient-ils représenter des étoiles et celui-ci non ? Cela n’était tout simplement pas possible, pensa-t’on à cette époque.

L’auteur confesse en rougissant que le premier signal, qui conseilla de chercher Fomalhaut, Sirius et Arcture parmi les cercles du groupe, comme on l’explique à la fin de la présentation dans la section ‘Nom historique du groupe’, surgit de façon peu scientifique, du propre toponyme ‘Couronne des morts’, et de son interprétation peut-être erronée Ku or ona, Ku or un, Ku or an?, de la main d’un empirisme qui a mis des années à se forger et qui dit, entre autres, que dans les Pyrénées, Fomalhaut était Ku, et Or, Sirius. Quant à Arcture, il fut suggéré par ses témoins, son diamètre, diverses analogies avec les cromlechs de Elutxa Arrai, Etxelako Arritxuriak, Eteneta II, Antxista, Unamene et Okabe, au fond. On pensa simultanément que l’accumulation de tant de cercles ensemble pourrait être dûe à la représentation d’un calendrier montrant le cycle annuel divisé en trois saisons; auquel cas, comme le paysage environnant cache l’horizon sauf au sud, ils pourraient avoir tenu compte du passage de certaines étoiles par le point de culmination sud. Un fait qu’on a vu fréquemment, pour une seule étoile dans d’autres endroits, et, étant donné les exemples trouvés et le nom résiduel du lieu, on a pensé dans une première approche qui, une fois étudiée semble correcte aujourd’hui, que les trois étoiles qui pouvaient avoir divisé l’année en trois parties à peu près égales étaient Sirius, Arcture et Fomalhaut.    

En transférant la proposition à un ordinateur, dans le programme d’astronomie utilisé —MacStronomy 2.0.3—, en 540 a. C.,  on voit que parmi les culminations des trois  étoiles s’écoulaient les temps suivants:

• Entre Ku et Or, 8 h 25 m 19s.
• Entre Or et Arcture 7h 25m 26s.
• Entre Arcture et Ku 8h 9m 15s. 

Ce qui totalise, comme il ne pouvait en être autrement, 24 heures. Vérification pour une journée qui, transposée à l’année, nous donne une division annuelle de trois saisons d’une durée pratiquement identique, d’environ 4 mois chacune, dont on parlera en temps voulu. Dans La Couronne, nous observons qu’en reportant sur la carte stellaire 1 les culminations qui précèdent Fomalhaut, Sirius et Arcture et en traçant une ligne depuis chacune de ces étoiles jusqu’au pôle approximatif de l’époque, qui sur la carte 1  a été dessinée en bleu pour Ku, en rouge pour Or et en vert pour Arcture , nous voyons la formation d’un pied ou patte d’oie dont les appendices sont les lignes Ku-Pôle, Or-Pôle et Un-Pôle. Sur le terrain, les trois tronçons célestes cités, avec certaines particularités, sont représentés avec précision, dessinés avec des cromlechs qui sont comparables à des étoiles entourant dans le firmament Fomalhaut, Sirius et Arcture.

Le groupe tout comme les trois étoiles citées Fomalhaut, Sirius et Arcture, représente des étoiles du Nord et des étoiles pas très éloignées de l’écliptique ; ce fait, dans une première approche, insinue qu’il peut s’agir d’une espèce de calendrier de mois ou, peut-être encore mieux, de lunes, puisque, comme on le verra, certaines des étoiles qui apparaissent en référence sont assez éloignées de notre écliptique; mais excepté les trois en référence et celles appartenant au Nord, elles appartiennent au Chemin de la lune des tables Mul-Apin ou aux chemins  lunaires historiques comme les Nashkatras indiens —principalement le védique—, les Manaziles arabes et les Sieus chinois.

En résumé, comme hypothèse de travail, on a imaginé que les crp de la Couronne auraient pu représenter une division de l’année en trois saisons, et on a pensé que chacune des étoiles, Arcture, Fomalhaut et Sirius, divisait l’année en trois parties égales, reliées par la culmination séquentielle de chacune d’elles. Une fois le temps passé, il est difficile d’établir à quel moment une idée évolue, passant de la simple hypothèse à la consistance. Les hypothèses, imaginées ou similaires, sont indiquées à la fin du travail ; après elles ou en même temps, des idées cohérentes furent avancées et raccordées entre elles. D’abord apparut comme hypothèse Ku, ensuite Or et peu après Arcture. Et en même temps, la question : qu’ont en commun les trois cercles Ku, Or et Un? Pour abréger, leurs témoins sud, c’est-à-dire ceux qui pourraient être en train d’indiquer les culminations. En montagne, La Couronne  inclue, il est vain d’essayer de mesurer le temps avec des observations de levers et de couchers héliaques ou même achroniques, le paysage les cache et les décale du savoir acquis ; par contre, les témoins sud indiquent la culmination des étoiles, leur point culminant qu’il est facile de mesurer avec l’aide d’une bonne référence.


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