Commentaires relatifs à l'étude d'André Müller: La nécropole en "cercles de pierres" d'Arihouat à Garin (Haute-Garonne)

Dessin 1, Général du groupe
Carte céleste 1, sous-groupe sud
Carte céleste 2, sous-groupe nord
Préliminaires
Observations et réflexions préalables
Approche au décodage astronomique d'Arihouat
Commentaire astronomique
Commentaire mythique-religieux
Commentaires finaux
Épilogue
 
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APPROCHE AU DÉCODAGE ASTRONOMIQUE D'ARIHOUAT

Au premier coup d’œil sur le plan général de la nécropole, on remarqua, en plus du nombre élevé de cercles de grande taille, la disposition singulière des cercles L, K et 8: Tarazed, Altair et Alshain, g, a et b de l’Aigle, respectivement, fut l’interprétation immédiate. C’est-à-dire, en ajoutant le cercle 18 :

« Cercle L —G, II-III— : g de l’Aigle, Tarazed, de magnitude 2,7.

« Cercle K —F-G, III—: a de l’Aigle, Altair, de magnitude 0,77.

« Cercle 8 —F-G, IV—: b de l’Aigle, Alsahin, de magnitude 3,7.

« Cercle 18 —G, IV—: d de l’Aigle, de magnitude 3,4.

Une hypothèse qui n’est pas le fruit d’une intuition ou de la ressemblance de la distribution des cercles dans une carte céleste actuelle, mais plutôt une réflexion réalisée après avoir comparé les trois cercles avec d’autres réalisations pyrénéennes.

Comme incise, il semble approprié de répéter que si on estime que les crp représentent des étoiles, il paraît évident de penser que de telles représentations, avec leurs variantes, se trouvent reproduites dans divers lieux, comme c’est le cas avec les représentations religieuses. La Vierge de Lourdes n’est pas la même que celle de Fatima, mais du point de vue conceptuel, elles ont la même origine et leur message va dans le même sens. L’Aigle, dans le crp, comme la Vierge Marie pour les chrétiens, fut très important et a plusieurs représentations, même si certaines peuvent paraître calquées.

 L’aspect conceptuel de l’Aigle semble également divers ; d’une part, il put avoir servi à transporter les âmes des défunts vers les étoiles, plus concrètement à la Voie Lactée, comme l’histoire nous le narre et tel qu’il est expliqué à la fin. Et d’autre part, comme on le manifesta dans Del crónlech pirenaico, il y a les diverses éphémérides astronomiques qui lui correspondent, comme: l’opposé céleste de Procyon, maintes fois représenté, tout comme son couché, simultané au lever de Sirius.

La disposition que présentent les cercles L, K et 8, est similaire à celle des cercles 0, 1 et 2 d’Etzela este, des 18, 19 et 20 d’Errenkalko, des cercles 6, 8 et 9 d’Arriurdiñeta, des cercles 1, 2 3 d’Izu et des cercles centraux de Hegieder. Presque tous se trouvent actuellement dans un état agonisant; c’est pourquoi découvrir un dessin comme celui présenté dans le travail de Müller a tout l’attrait d’un hiéroglyphe dont l’énoncé est parfaitement identifiable—trouver une solution convaincante est une autre histoire— .

Après qu’on ait imaginé l’Aigle par analogie, les cercles plus au sud déjà cités suggérèrent, comme on l’a dit, la section de la Voie Lactée présidée par Sirius, qui rappelle le sous-groupe sud des Couronnes de la lune (Vallée de Hecho- Huesca). En prenant pour modèle, comme on le fit pour comprendre le sous-groupe cité, une carte céleste avec Sirius culminant au sud —Carte céleste 1, réalisée en regardant vers le sud au moment de la culmination, où les étoiles impliquées sont signalées en rouge— on observe qu’à Arihouat il y a une série de grands cercles qui, sur la Carte 1, ont été indiqués en rouge, et dont l’interprétation, sans discussion, mérite quelques explications. Les cercles interprétés dans la partie sud, du nord au sud, dans une première approche, sont :

« Cercle 147 —G, V-VI—: a de l’Aurige, Capella, de magnitude 0,09.

« Cercle 165 —F-G, VI—: a des Gémeaux, Castor, de magnitude 1,6.

« Cercle 195 —E-F, VI-VII—: b des Gémeaux, Pollux, de magnitude 1,13.

« Cercle 153 —G, VII—: b du Taureau, El Nath, de magnitude 1,7.

« Cercle 112 —G, VIII—: g des Gémeaux, Alhena, de magnitude 1,9.

« Cercle 111 —E-F, VIII—: a du Petit Chien, Procyon de magnitude 0,38.

« Cercle 114 —E, VIII-IX—: a de l’Hydre, Alphard, de magnitude 2,0.

« Cercle 81 —H, IX—: a d’Orion, Bételgeuse, de magnitude 0,69.

« Cercle 96 —F, X—: a du Grand Chien, Sirius, de magnitude – 1,42.

La disposition des cercles d’Arihouat par rapport à celle des étoiles sur la Carte 1, est impeccable. La relation entre magnitude des étoiles et les diamètres des cercles, à l’exception de Sirius dont nous parlerons de suite, paraîtrait incroyable, car tellement correcte, si on ne l’avait déjà observé dans des centaines d’interprétations de cercles d’un bout à l’autre des Pyrénées.

Sirius fut l’étoile la plus représentée avec des cercles de pierres dans les Pyrénées; les cercles qui la symbolisent mesurent en gros entre 7 et 13 mètres. Dans les groupes où elle est présente, comme il revient à son caractère d’étoile la plus brillante du firmament, c’est toujours le cercle de plus grand diamètre, autrement dit à Arihouat le cercle attribué à Sirius s’avère de petit diamètre. Pour le moment, Sirius, comme on peut le déduire de la liste présentée en page 2, mesure 8,5 mètres, alors qu’en réalité elle devrait avoir un diamètre supérieur aux 10,8 mètres attribués à Capella ou aux 9 mètres de Procyon. Cependant, si on tient compte des dessins, le général et celui relatif au cercle, ‘planche 58’, et du texte, on peut déduire que le cercle 96 —F, X— put avoir un diamètre différent, p. 71: “La fouille semble montrer qu’il y a lieu de croire à un certain nombre de remaniements modernes ...”. Dans les dessins et ‘planche’ cités, on observe nettement que l’arc NO.-SE., outre le fait qu’il s’estompe ou est en partie détruit au NO., semble modifié au SE. de façon un tant soit peu bâclée. Même le grand témoin que Müller situe au SE, sans avoir vu le paysage, en le situant plus au SE., pourrait être approprié pour indiquer le lever de Sirius.

 Si on associe Sirius au cercle 96 et une fois attribuée une étoile à presque tous les cercles principaux de la partie sud d’Arihouat, nous voyons que le sol d’Arihouat ressemble à un planisphère moderne; par conséquent il semble logique de penser que la disposition et le diamètre du reste des cercles devraient aussi répondre à des critères astronomiques. Il est possible que pendant l’utilisation de la nécropole, on ait pu ajouter, éliminer ou changer le diamètre des cercles en fonction de leur rang pour des motifs astronomiques, religieux ou politiques. Un fait déjà observé dans certains groupes.

Les cercles qui vont de Capella —cercle 147  à Sirius —cercle 96—, sont disposés sur le terrain du N. au Sud. Sirius n’apparaît jamais dans le firmament en même temps que l’Aigle —cercle K et attenants—, sauf à son lever, simultané avec le coucher d’Altair, formant la tant de fois citée éphéméride astronomique pyrénéenne par excellence; pourtant, lorsque celle-ci se produit, la Voie Lactée est située en position SE.-O., raison pour laquelle on préfère penser que, de la même façon que dans tant d’autres endroits, les crp d’Arihouat reflètent des positions stellaires non simultanées. Il est possible de dessiner correctement Altair et Sirius en position verticale, mais seulement si nous tenons compte de différentes époques de l’année. Altair et Sirius, ou mieux, le Triangle d’Été —TE— et le Triangle d’Hiver —TH— sont situés dans le ciel dans des positions opposées, de telle sorte que lorsque l’un culmine au sud, l’autre se cache à l’horizon au nord. Si Altair et Sirius sont en position N.-S. à Arihouat, cela veut dire que tous deux sont en culmination mais à des époques opposées.

Nous laissons pour le moment le sous-groupe sud avec l’Aigle en culmination et nous voyons que le cercle le plus au nord—A—, étant donné son diamètre —9 mètres—, en suivant le chemin vers le nord, depuis Altair ou cercle K, colle mieux avec Vega, cinquième étoile la plus brillante du firmament, qu’avec Deneb, d’où la suggestion:

« Cercle A —F-G, I—: a de la Lyre, Vega, de magnitude 0,03.

Étoile Azimut Hauteur
a de l’Aigle  85º 35' 3º 53'
a de la Lyre 63º 16' 30º 52'
a du Cygne       47º 59' 11º 40'
e du Sagittaire 133º 17' -0º 33'
a du Scorpion      144º 53' 22º 45'
a du Bouvier    149º 47' 78º 41'
a de la Vierge   192º 39' 49º 40'
a du Petit Chien 279º 19' 0º 22'
a des Gémeaux 303º 33' 11º 57'
a de Persée       348º 18' -7º 57'
a d’Aurige             330º 25' -1º 04'
a de Céphée   29º 50' 15º 52'
b de Céphée  22º 13' 19º 22'
i de Céphée       20º 25' 11º 00'
g de Céphée       10º 30' 18º 11'
d du Dragon 29º 12' 29º 53'
a du Cygne  54º 12' 12º 28'
e du Cygne  57º 22' 5º 18'
l du Cygne      55º 04' 6º 23'
     

Table 1. Azimut et hauteur des étoiles impliquées dans la séquence stellaire du sous-groupe nord.

Proposition en accord avec: le diamètre du cercle, la position de celui-ci sur le sol d’Arihouat, et, moins clairement, l’association possible des cercles B —F, II—, C —F, II—, etc., avec le petit losange qui caractérise les représentations de la Lyre.

Une fois situées Altair et Vega, l’une des questions qui se pose est: où est Deneb, a du Cygne, pour compléter le TE? En principe, si tout le TE avait été dessiné en culmination, vu depuis Altair —K—, en regardant vers le sud, Deneb devrait se trouver à gauche de Vega —A—, plus ou moins à la même hauteur. Sur le ‘plan général’ de Müller, nous ne voyons pas de cercles à sa hauteur, mais plus bas sur sa gauche, si: le cercle 120 —B-C, III—, ‘l’un des plus grands monuments de la nécropole.’, Müller p. 81, qui compte deux couronnes. ‘La plus grande dépasse les dix mètres de diamètre et est composée de blocs atteignant parfois près de 1m de longueur.’ Il dit aussi qu’ ‘une partie de la circonférence, du NE au S. est détruite alors que les entassements de blocs ou de pierres disposés de manière aberrante —SO. et SE. — témoignent de modifications probablement liées à la mise en culture.’ Oui, plus ou moins, comme toujours ici, mais il ne semble pas que le cercle, tout en étant l’un des plus grands du groupe, ait atteint 10 mètres. D’emblée, on peut penser:

« Cercle 120 —B-C, III—: a du Cygne, Deneb, de magnitude 1,3.

La magnitude de Deneb est proche de celle Pollux —1,1—, cercle 195 —E-F, VI-VII— de 7,5 mètres de diamètre. En principe, sauf considérations d’un autre type, si le Cygne a eu le diamètre du cercle 120 —B-C, III—, il n’a pas dû dépasser 7,5 mètres.

La position du Cygne sur le terrain, par rapport à Vega —cercle A— et Altair —cercle K—, produit un Triangle d’Été —TE, Altair-Vega-Deneb, K-A-120— déformé. Une déformation qui n’est visible dans les cieux que peu après l’achèvement du TE après le lever d’Altair —Carte céleste 2, qui indique en rouge les étoiles qui composent le TE, en regardant vers Vega, 63º, tel qu’il apparaît sur le terrain—, est simultanée aux couchers de Capella —a Aur, cercle 147— et  Procyon —a CMi, cercle 111—. Situation que reflète la table I, obtenue avec le programme  Cartes du Ciel.

 Si nous nous placions sur le terrain sur Deneb —cercle 120—, en regardant vers Altair —cercle K—, nous verrions cette étoile au fond à environ 85º, comme lorsqu’on regarde vers Vega —cercle A—, on verrait vers 63º cette étoile au-dessus de son cercle, les cieux montrant alors, comme le sol d’Arihouat, un triangle scalène digne de ce nom. La table montre aussi les positions stellaires d’autres étoiles qui purent aussi être prises en compte, parmi lesquelles je signale en premier lieu celles correspondantes à Céphée car j’estime que les cercles, 141 —A-B, IV—, 143 —B, III-IV—, 145 —A, III— et 146 —A, III-IV— semblent lui correspondre —une situation qui ressemble à ce qu’on a déjà vu et présenté à Izurrizti I— où le cercle 143 correspondrait à l’alfa. Le cercle 124 —B-C, III— au delta du Dragon, et, pour le moment, je situerais le cercle 65 —B, III— dans la Petite Ourse.

Après cette première approche du sous-groupe nord, il est nécessaire de revenir aux cercles situés entre Capella —147— et Sirius —96—. Outre l’interprétation déjà donnée au début pour quelques cercles, qu’on maintient, on voit qu’il y a des cercles qui, si l’interprétation était simplement celle d’une carte stellaire fixe, auraient du mal à coller ou ne colleraient pas du tout, essentiellement au nord. Si on essaie de résoudre ce problème par étapes, les cercles 148 —F-G, V-VI—, 169 —G, VI-VII— et 161 —H, VI-VII— parmi ceux ayant un bon diamètre, ne semblent pas coller directement dans la première solution, en revanche, avec Capella et en association avec le sous-groupe TEA-K-120—, ils montrent une solution séquentielle intéressante. Dans ce sous-groupe, en prenant les positions de la table 1, nous laissons Capella tout juste disparue à l’horizon. Mais en tenant compte de l’alfa du Cocher environ deux heures auparavant, lorsque l’alfa de Persée se couche, nous voyons qu’en regardant celle-ci sur le point de disparaître à l’horizon local, sur sa gauche et un peu plus haut se trouverait le beta du Taureau, juste entre les encore plus hautes sur l’horizon, alfa et beta d’Aurige, une proposition qui pourrait se concrétiser par:

« Cercle 147 —G, V-VI—: a de l’Aurige, Capella, de magnitude 0,09.

« Cercle 148 —F-G, VI-VII—: b de l’Aurige, Menkalinan, de magnitude 2,0.

« Cercle 169 —G, VI-VII—: b du Taureau, Le Nath, de magnitude 1,7.

« Cercle 161 —H, VI-VII—: a de Persée, Mirfak, de magnitude 1,79.

Cette solution naît d’une réflexion selon laquelle les cercles 148, 169 et 161 viennent s’ajouter à une éventuelle hypothèse initiale représentée par les TE et TH cités et la section de l’écliptique qui va du Taureau aux Gémeaux et ses prolongements, ou au contraire sont antérieurs au reste du groupe. Nous reviendrons sur la question, mais avant, il est intéressant de se demander si une nécropole qui put être utilisée pendant 200 ou 300 ans a pu ou non souffrir des changements qui auraient consisté à ajouter, supprimer ou modifier des cercles. J’estime que si on part du principe que les cercles représentaient des étoiles pour des motifs en partie religieux, sujets à des changements et à des nuances, il semblerait logique qu’il en soit ainsi. Par conséquent, nous pourrions nous interroger sur les anomalies astronomiques que montrent les cercles d’Arihouat par rapport au firmament et sa rotation. Des incohérences qui, du nord au sud du groupe, peuvent se résumer à trois :

1- Le diamètre, supérieur à 10 mètres, trouvé pour le cercle 120, Deneb, est excessif par rapport à la magnitude de l’étoile. Une erreur de ce type chez les constructeurs de crp ne peut se concevoir. Alors, soit son mauvais état a pu provoquer l’erreur, soit Deneb, avec le temps, a changé de rang pour des raisons autres que sa magnitude et en contrepartie, pour des différences qu’elle aurait eues avec Sirius comme on l’a déjà commenté à d’autres occasions. N’en parlons plus, mais c’est une observation récurrente qui produit certaines inconnues comme celle de « Oc ».

2- Dans la partie centrale, les cercles cités: 148, 169 et 161, maintenant interprétés, et les 149, 150 et 167 —associés en toute logique, après une nouvelle nuance qu’on omet, étant donné que le 147 est Capella, dans les Chevreaux—, ont une explication astronomique convaincante si on pense que la représentation correspond, non pas à une position N-S de la Voie Lactée, mais à celle que celle-ci prend collée à l’horizon nord, depuis le coucher de Persée et le postérieur de la propre Capella, jusqu’au lever d’Altair, pour terminer de compléter le groupe nord. Mais suspendons la séquence qui en réalité continue et a une explication historique.

3- Dans la partie sud du sous-groupe sud, il y a aussi quelque chose qui ne colle pas avec la solution donnée : cercle 96 —Sirius— et cercle 81 —Bételgeuse—, la présence du cercle 105 qui ne trouve pas là d’équivalent céleste. Pour expliquer la présence du crp 105, il est nécessaire de rappeler des incohérences similaires trouvées dans d’autres endroits concernant des étoiles potentiellement impliquées —Bételgeuse, Rigel, Saiph et celles de Lepus— :

a- Izurrizti II, pages 431 et 432, de Del crónlech pirenaico, où on détecta pour la première fois une représentation de Bételgeuse symbolisée par deux cercles sécants ; les explications qui, en guise de réflexion à voix haute sur quelque chose qui était apparu et qu’on ne connaissait pas, furent laissées par écrit en ce lieu.

b- Les Couronnes de la lune, groupe décrit sur ce site web où, dans le sous-groupe sud, on retrouve Bételgeuse représentée par deux cercles sécants.

c- Ibintxa, page 399 de Del crónlech pirenaico, où furent montrées ensemble pour la première fois, et de façon chronologique dans l’étude, Rigel, Saiph et étoiles du Lièvre, dans un lieu proche de Gerasunko Ataka page 405, où est retransmise la séquence stellaire suivant l’ ‘avènement’ du Serpent et du Scorpion, simultanés au coucher de Capella. Pour continuer ensuite dans le groupe contigu la séquence stellaire.

d- Okabe, également relaté sur ce site, lieu où dans le sous-groupe Portes célestes des âmes, apparaît un Rigel accompagné d’une étoile du Lièvre, sur la même ligne qu’Aldebarán-El Nath-Alhena et Antarès.

Ces exceptions mises à part et pour continuer avec l’interprétation des cercles, il se trouve que pour expliquer la présence du cercle 105, nous devons recourir à chercher des analogies avec d’autres groupes, en pensant en plus que les crp d’Arihouat, du point de vue de leur explication astronomique logique, semblent répondre à deux époques de construction différentes. Sans décider encore laquelle est antérieure, à celle déjà exposée au début de ce travail, par analogie avec d’autres groupes, nous pouvons ajouter, en remplaçant dans le cercle 81 Bételgeuse par Rigel :

« Cercle 105 —G, IX—: k d’Orion, Saiph, de magnitude 2,1.

« Cercle 81 —H, IX—: b d’Orion, Rigel, de magnitude 0,1.

Et les 106, 107, 99, 92, 94, 91 —H, IX—, 89 —G, X— et 90, sans spécifier, appartiennent à Lepus, le Lièvre. Le lever de cette constellation est simultané à l’arrivée de Vega, début de l’apparition du TE et début du coucher de la section de l’écliptique qui va du Taureau aux Gémeaux. Une éphéméride observée, toujours avec la référence de Rigel, b d’Orion et cercle 81, comme on vient de le dire, à Ibintxa dans le bassin du fleuve Urumea et dans le sous-groupe d’Okabe des ‘Portes célestes des âmes’.

 Cette proposition, fruit d’une tentative pour expliquer l’addition du cercle 105, conserve, disons, une certaine cohérence technique qui, néanmoins, choque lorsqu’on prétend contempler l’ensemble du groupe comme un tout. Avant d’entrer dans l’exposition d’une éventuelle évolution des croyances en vigueur, qu’on peut déduire des écrits historiques, voyons ce que nous dit André Müller dans son travail, à propos de la chronologie du groupe.

André Müller, à la page 168 de son travail, dit : “L’étude, dans les chapitres III et IV, du mobilier métallique et céramique découvert dans la nécropole d’Arihouat permet de distinguer (chapitre IV) deux phases bien distinctes. L’une, Arihouat I, située de la fin du VIIIe siècle au début du VIIe avant J.C., l’autre, Arihouat II, de la fin du VIIe  au début du VIe av. J.C.” La phase I, la plus ancienne, peinte en bleu sur le dessin général —sur les dessins en noir et blanc, elle correspond aux cercles gris foncé—, qui, entre les grands cercles de l’axe Vega-Sirius, A-96, correspond, du N. au S., aux dénominations: A, K, 18, 147, 169, 161, 105, 81, 94 et 91. Équivalents, respectivement, à Vega, Altair, d de l’Aigle, Capella, El Nath, Mirfak, Saiph, Rigel et trois étoiles du Lièvre. C’est-à-dire que, des trois anomalies astronomiques observées et exposées plus haut, la seconde et la troisième semblent provenir, si on s’en tient à l’étude de Müller, du fait que les cercles qui les représentent furent construits à une époque antérieure.

Avant de poursuivre, cette hypothèse me conduit à formuler quelques théories qui divergent de celles acceptées comme des faits démontrés par les spécialistes du crp en général :

1- Tout d’abord, dans chaque groupe considéré de façon individuelle, les cercles ne furent pas construits séparément au fur et à mesure des besoins des décès successifs. Cela ne colle pas, car si cela était, une fois l’emplacement choisi pour le cimetière, les défunts ou leurs cendres auraient été placés symétriquement et il pourrait y avoir des différences suivant le rang dans les tombes, mais situer des individus dans un site de 10 mètres de diamètre à côté d’un autre de 2 mètres ou rien, comme c’est le cas de plusieurs sépultures, par exemple dans le triangle A-K-120, n’a ni le sens ni la logique que les humains ont utilisés pour la création de cimetières postérieurs. En conséquence, je crois plutôt qu’il s’agit de nécropoles disposées en fonction de critères astronomiques et religieux, m’opposant ainsi à une croyance commune des spécialistes, énoncée par Müller à la p.169: “... Il semble bien que, d’une part des tombes se soient agglomérées autour de ces pôles en fonction de critères que nos ne pourront malheureusement jamais définir et, ...” Non, les critères peuvent être définis avec une précision mathématique dès l’instant où on se décide à prendre comme décodeurs l’astronomie et l’histoire des mythes et des religions.

2- Je pense que les cercles, dans chaque groupe, furent construits simultanément. Néanmoins, dans certains groupes, comme celui d’Arihouat, qui fut utilisé comme nécropole, tel qu’il se dégage de l’étude de Müller, durant une période d’environ 300 ans, il es prévisible qu’il y ait eu des évolutions dans les croyances qui auraient entraîné des changements à la disposition originale, dont nous parlerons plus loin.

3- Si les nécropoles furent construites suivant des critères astronomiques, il est probable qu’initialement, plusieurs cercles aient été construits en même temps. Les inhumations et les cercles internes auraient été réalisés postérieurement, même s’il est possible que quelques inhumations aient été réalisées au moment de la construction initiale.

4- Les critères religieux pris en compte dans les inhumations devaient provenir des religions astrales. Comme on l’a dit à maintes occasions, Franz Cumont, entre autres, rapporte, dans le chapitre VI Scatology p. 167 de Astrology and Religion among the Grecs and Romans, sur les croyances de ces religions en matière d’au-delà, que le crp calque de façon graphique et précise sous plusieurs variantes.

5- Arihouat I semble inspiré de la croyance selon laquelle pour atteindre la demeure astrale, il fallait transporter une charge sur le dos de l’Aigle ou du Chariot céleste —Aurige—. Cumont, dans le livre cité à la p.186, affirme: “Toutes ces méthodes supposées pour atteindre le ciel sont très primitives: elles partent de l’hypothèse qu’une charge doit être transportée; elles suggèrent à peine une séparation du corps et de l’âme, et sont antérieures aux distinctions que les philosophes établirent entre les différentes parties de l‘être humain. Ce sont des vestiges de concepts très anciens, que seuls les esprits vulgaires interprétaient littéralement.” L’Aigle et le Cocher, présents dans la 1ère phase d’Arihouat, semblent inspirés de la construction primitive, tout comme les b et k d’Orion en compagnie du Lièvre; peut-être eurent-ils une autre fonction, comme celle de signalisation de quelque chose qui, avec le temps, devint secondaire, au bénéfice de l’opposition des Triangles observée et rapportée à Errenkalko et Burnin Buru pages 179 et 219 de Del crónlech pirenaico Descodificación astronómica de una religión olvidada— Juan José Ochoa de Zabalegui, Ediciones Txertoa, San Sebastián 1998. 

Nous trouvons encore d’autres cercles de petit diamètre qui peuvent coller avec l’interprétation donnée au groupe. Mais, avant d’interpréter, il convient de penser quels critères astronomiques purent être pris en compte pour concevoir Arihouat. En premier lieu, celui, déjà commenté, de la montée des âmes au ciel par l’intermédiaire du Cocher et de l’Aigle, et l’emplacement postérieur de ceux-ci dans la Voie Lactée. Ensuite, l’opposition déjà vue des triangles semble être présente, et aussi, par analogie avec ce qu’on a vu dans Les couronnes de la lune, il est raisonnable de penser à la possibilité que les constructeurs de ces cromlechs aient eu à l’esprit, comme une sorte de préliminaire du Zodiaque déjà trouvé dans d’autres endroits, le ‘chemin de la lune’ qui, dans ‘Les Couronnes’, s’ajustait aux nakshatras védiques; il convient donc de tenter une étude de ceux-ci à Arihouat.

 Les nakshatras, maisons ou demeures védiques de la lune sont au nombre de 27, correspondant aux jours qu’approximativement —en réalité, une orbite complète, le mois sidéral, dure 27 jours, 7 heures et 43 minutes—, met la lune à effectuer son orbite terrestre. Les demeures d’étoiles sur le fond desquelles tournait la lune, variaient d’une culture à l’autre, les arabes comptaient 28 « manaziles » ou demeure, les védas,  27. En faisant omission de leurs noms, les 10 premières demeures du chemin de la lune des Védas étaient : 1, b Ari; 2, 41 Ari; 3, h Tau; 4, a Tau; 5, l Ori; 6, a Ori; 7, b Gem; 8, d Cnr; 9, a Hya.  Les 9 premières des 28 arabes: 1, b g Ari; 2, e d p Ari; 3, Pléiades; 4, a Tau; 5, l f1 f2 Ori; 6,