|
Que
sont les cromlechs pyrénéens?
Ce
sont des monuments circulaires dont la structure variée va
du cromlech proprement dit: "pierres enfoncées formant un
cercle" jusqu'au tumulus entendu comme "groupe de pierres
circulaire".
Entre
les deux, il existe des monuments d'architecture intermédiaire,
proches des précédents, parmi lesquel on peut citer les 'cromlechs
tumulaires' et les 'tumulus avec une pierre enfoncée dans
leur périphérie'.
Traditionnellement
on a attribué à ces monuments une fonction exclusivement funéraire.
haut
Quel
diamètre ont les monuments?
Normalement
de 4 à 10 mètres, bien qu'exceptionnellement les diamètres
descendent jusqu'à 2 mètres ou montent jusqu'à environ 20
mètres.
haut
Qu'est-ce
qui distingue à première vue certains monuments d'autres?
Leur
état de conservation, de lui dépend la fiabilité des deux
paramètres fondamentaux d'un cromlech au moment de donner
une information: diamètre et orientation des témoins les plus
en vue.
S'initier
à la compréhension du cromlech avec des monuments d'une définition
douteuse est la meilleure façon de continuer à ignorer, en
brandissant des arguments à la fois bons et tranquillisants,
la signification authentique de ces cercles.
haut
Qu'est-ce
qui est nécessaire pour obtenir le maximum d'information d'un
cercle?
Définir
de façon adéquate son centre. Chose facile et fiable quand
il s'agit d'un cercle en bon état, et plus compliquée et hasardeuse
dans le cas de monuments en mauvais état. En tous cas, que
l'état de conservation du cercle soit bon ou mauvais, il est
nécessaire de déduire son centre avec précision. La définition
du centre d'un cercle implique de connaître son diamètre,
et permet de réaliser un emplacement correct des principaux
témoins du monument et de prendre les références précises
pour effectuer un levé topographique exact du groupe auquel
il appartient.
haut
Que
sont les témoins d'un monument?
Les
pierres qui définissent la périphérie du cercle. On considère
comme témoins singuliers ceux qui, de par leur taille, leur
forme, leur couleur, leur orientation aux montagnes représentatives
ou accidents de terrain proches, degré d'intervention de la
main de l'homme dans sa construction, etc, se différencient
clairement des autres. Comme on l'a déjà dit, l'important
dans un témoin est son port et son orientation. On a beaucoup
écrit sur l'aspect aléatoire et l'absence de signification
de l'emplacement de ces témoins qui ressortent dans les cercles;
mais il est impensable que les constructeurs du cromlech aient
fait l'effort de tailler et de choisir des monolithes, certains
de grande taille, pour construire un cercle et les placer
ensuite de n'importe quelle manière; forcément, le choix de
l'emplacement de ces témoins différenciés à la périphérie
du cromlech doit avoir une signification. Comme on l'a déjà
dit, les experts considèrent que la fonction du cromlech pyrénéen
est uniquement funéraire; il est difficile de convaincre,
depuis une position suspecte de chercheur privé, que le cromlech
renferme un mystère dont la clé n'est pas dans la terre, mais
en haut, dans les cieux, dans la direction que signalent les
témoins qui ressortent des cercles.
haut
Oú
se trouvent les cromlechs?
Dans
les Pyrénées, à l'est tout au moins jusqu'auprès du Pic d'Aneto,
et à l'ouest jusqu'au Golfe de Gascogne. En réalité, la limite
ouest reconnue est marquée par la rivière Leizarán, affluent
du fleuve Oria avec qui elle conflue dans la localité d'Andoain
dans la province de Guipúzcoa.
Les
cromlechs sont situés dans des enclaves dont le plus représentatif,
qui suffit par lui-même à montrer et interpréter le cromlech
pyrénéen, s'étend à travers les contreforts atlantiques des
Pyrénées, du pic d'Orhi jusqu'au Golfe de Gascogne. Cependant,
les groupes de cromlechs situés dans la vallée de Hecho et
ceux qui contournent le pic du Midi d'Ossau sont dignes d'être
mentionnés.
haut
Observe-t-on
un type d'ordre quelconque dans la distribution sur le terrain
des différents groupes de cromlechs?
Oui.
Le dessin
1, réalisé à l'échelle 1:300.000 donne une
idée claire de la distribution des emplacements de cromlechs
sur les contreforts atlantiques des Pyrénées, du pic d'Orhi
au Golfe de Gascogne. Il s'agit d'un dessin résumé qui prétend
faire ressortir les alignements de groupes de cromlechs en
correspondance avec la topographie du terrain et les coordonnées
U.T.M des cartes. Dans ce dessin, il convient de remarquer
les alignements suivants, par ordre d'importance quant à l'apport
de données qui aident à la compréhension du cromlech pyrénéen:
-
En
premier lieu, celui fourni par la ligne qui va du pic
d'Orhi jusqu'aux Rochers d'Aia dans l'orientation centrée
à 120-300 degrés sexagésimales que soulignait, des deux
côtés de la Voie Lactée, l'ascension du Grand Chien en
synchronisme avec la mort du Cygne et celle du Scorpion
au crépuscule simultané et séquentiel du tronçon de l'écliptique
qui traversait la Voie Lactée du Taureau aux Gémeaux,
souligné par la mort de Capella. Aux environs de 600 ans
av. J. C. les levers de Sirio et Antarès coïncidèrent
dans le même point sous la tutelle du pic pyramidal d'Orhi
vu des Rochers d'Aia.
-
Celui
fourni par la situation précise à l'intérieur de l'axe
E.-O. dans lequel se trouvent certaines montagnes comme
Izu-Adarra-Izarraitz sur l'axe A du dessin 1, ou
Auza-Mendaur-Abade Kurutz-Hernio, sur l'axe B.
Cela
représente une véritable source d'inspiration et de méditation
que de contempler à l'horizon depuis les cromlechs d'Izurrizti
I en direction du principal témoin du groupe et du mont
Adarra 270º la superposition de celui-ci avec
Izarraitz, ou celle du mont Mendaur sur l'Auza à 90º juste
vue d'Abade Kurutz.
-
Les
existants sur l'axe N.-S.
haut
De
combien de cercles parle-t-on?
Dans
le livre "Du cromlech Pyrénéen (décodage
astronomique d'une religion oubliée)", Juan José
Ochoa de Zabalegui, Editions Txertoa (1998), les cercles des
contreforts atlantiques des Pyrénées ont été classés en suivant
un ordre strictement géographique dérivé des bassins hydrographiques
dans lesquels sont situés les monuments, en commençant par
l'ouest: 01Urumea, 02Oiartzun, 03 Bidasoa, 04 Nivelle et 05
Nive.
Les
monuments existants dans les deux bassins étudiés: Urumea
et Oiartzun, atteignaient 326 cercles classés en 68 groupes.
Le nombre de groupes classés jusqu'au pic d'Orhi en ajoutant
ceux existant dans les trois bassins étudiés actuellement
tourne autour de 170 avec un nombre de monuments qui dépasse
700 cromlechs.
haut
Que
représentent les cromlechs?
TOUS
LES CROMLECHS PYRÉNÉENS REPRÉSENTENT DES ÉTOILES tous!,
telle a été la conclusion obtenue après l'étude complète de
tous les cromlechs recensés dans les bassins des fleuves Urumea
et Oiartzun.
Le
diamètre du cercle, parce que proportionnel à l'étoile, donne
une idée de la magnitude de celle-ci, en le comparant à elle,
et les témoins singuliers donnent des indices sur l'éphéméride
astronomique représentée, puisqu'ils sont orientés vers les
étoiles en question, à un moment concret, qui coïncide fréquemment
avec le lever ou le coucher de l'étoile représentée, et en
rapport avec le paysage qui encadre le firmament.
Le
cromlech pyrénéen peut être considéré comme une affaire de
"in situ et de visu". Dans l'état actuel des choses, on ne
peut pas étudier le cromlech assis derrière un bureau, il
n'y a rien d'écrit sur le sujet en tant que tout, il est nécessaire
d'aller en montagne et d'essayer de lire sur les pierres et
dans le paysage; et pour cela, il est indispensable en premier
lieu de croire qu'il y a là quelque chose de caché.
Comme
il s'agit d'une affaire de "in situ et de visu", sur la page
de liaison quelques photographies
montrent divers exemples de cromlechs et de témoins, afin
d'apprécier graphiquement les différences exposées plus haut.
haut
Comment
est-on arrivé à la conclusion que les cromlechs représentent
des étoiles?
Le
cheminement a été lent, au début on a étudié d'autres possibilités,
cependant, de cette affirmation qui au commencement n'était
qu'une hypothèse de travail, des évidences se sont peu à peu
tissé de telle manière que non seulement constituent une preuve
en elles-mêmes mais qu'elles continuent d'ouvrir les portes
du mystère que renferme le cromlech, montrant de nouveaux
chemins pour pousser la recherche.
Quand
s'est dessinée la vérification de l'hypothèse: étoile = cromlech,
on pensa immédiatement que si cela était vrai, les cercles
rapprochés formant un groupe pourraient représenter des astérismes.
La recherche d'astérismes a constitué la première voie à suivre
dans l'investigation. Cela ne fut pas très concluant alors
1988 et 89. On localisa cependant:
- Le
'Triangle d'Été' au complet avec accompagnement en Errekalko,
dans le bassin de l'Urumea.
-
Les 'Trois Rois d'Orion' en Ezio et Lepoko Estua dans
le bassin de l'Urumea, et Arrataka dans celui de la
Nive.
-
Aldébaran avec les Hyades en Urlegi, dans le
bassin de la Bidasoa.
Beaucoup
de travail pour peu de fruits, mais la croyance raisonnable
naquit selon laquelle, si certains groupes de cromlechs représentaient
des étoiles avec une évidence méridienne, il semblait logique
de penser que le reste aussi. Le point d'inflexion du travail
se produisit le 11/02/95 à Pagolletako Gaña lorsqu'on
trouva, après des années de titubations, l'orientation définitive
permettant de commencer à déduire en connaissance de cause
la décodage astronomique du cromlech pyrénéen. Ce jour-là,
l'auteur de ces pages prit conscience physiquement de l'existence
de syncronismes stellaires soulignés à l'horizon par le paysage.
Jusqu'alors la priorité avait été donnée à la recherche d'astérismes
parmi les cromlechs.
Les
oeuvres d'Arato, Gémino et Higino, entre autres, soulignent
l'attention portée dans l'Antiquité aux 'synchronismes de
levers et de couchers', aux 'levers et crépuscules simultanés'.
En
définitive, les "astérismes" et les "synchronismes de levers
et de couchers" furent la clé qui a décodé astronomiquement
le cromlech pyrénéen. Classer cette décodification a posteriori
requiert pour le moins de faire un effort de regroupement
des différents cas trouvés, chose qui peut sans doute paraître
prématurée à réaliser puisqu'on n'a étudié et présenté de
façon exhaustive que les cromlechs situés dans les bassins
hydrographiques des fleuves Urumea et Oiartzun, alors que
des bassins atlantiques qui restent jusqu'au Pic d'Orhi: Bidasoa,
Nivelle et Nive, n'ont été mis à jour que ceux qui semblent
les plus importants et les mieux conservés; du reste des groupes
ont été réalisés des levés topographiques, qu'il est nécessaire
d'affiner en faisant entrer dans beaucoup d'entre eux les
orientations des témoins, mais leur décodage défintive n'est
pas terminée. Cependant, il semble nécessaire de réaliser
une récapitulation du travail effectué jusqu'à maintenant,
principalement d'un point de vue astronomique. En ce sens,
en laissant la classification ouverte à de futurs rangements,
de par le type de symbolisme astronomique trouvé, les groupes
de cromlechs étudiés représentent, selon les cas: Astérismes,
Synchronismes et Alignements.
haut
Astérismes
-
Astérismes
usuels: Trois Rois d'Orion; Taureau; Poisson
Austral; Grand Chien, etc.
-
Astérismes
simplifiés de constellations en vigueur:
celles relatives au Cygne furent très utilisées, dans
certaines occasions uniquement représenté par Deneb et
Sadr, quelquefois suivis d'Albireo.
-
Astérismes
inusuelspyrénéens:
Trois Rois d'Orion avec des accompagnements autres que
ceux de sa constellation, Aldébaran par exemple;
le Grand Chien au complet plus deux étoiles d'Orion; les
plus typiquement pyrénéens représentant de façon variée
les portes de l'écliptique qui traversent la Voie Lactée,
du Taureau aux Gémeaux au nord, la porte des hommes par
oú descendaiente les âmes des cieux en route vers la terre
et la porte sud, celle des dieux, qui allait du Scorpion
au Capricorne, par laquelle montaient les âmes, après
la mort, vers le lieu de leur propre immortalité pour
se placer à côté des dieux selon ce que nous dit Macrobe
dans le chapitre XII de son Commentaire du Rêve de
Scipion, de Cicéron, bien que cet auteur du Vème siècle
situe concrètement les portes dans les constellations
solsticielles de son époque, Cancer et Capricorne, qui
suivent, dans le firmament, les croisements cités de l'écliptique
dans la Voie Lactée, les représentations pyrénéennes
des deux portes sont aussi nombreuses que remarquables
et semblent donner une idée consistante des croyances
que purent avoir les constructeurs de cromlechs;
divers astérismes inusuels indiquant le nord, dans bon
nombre de cas en suivant la direction fournie par l'alignement
Altair-Vega-Tête du Dragon, donnant l'impression qu'ils
se référaient spécifiquement au Cercle Polaire oú rien
ne bougeait et qui était alors la demeure des dieux. De
façon répétée apparaît le k
du Dragon comme l'étoile la plus proche du Pôle de l'époque,etc.
haut
Synchronismes
-
Synchronismes
classiques: au lever de Sirius, ils signalèrent
avec des témoins de référence les orientations des levers
et couchers simultanés de Regulus et d'Altaïr, en même
temps que Alkaïd h de la Grande
Ourse culminait le tournant inférieur de cette constellation,
synchronisme d'antécédents babyloniens, qui fut montré
avec précision sur des montagnes représentatives dans
le déjà cité Pagolletako Gaña, à Ezkirurritako Gaina et
dans le remarquable, bien que délabré Sirius d'Olegi;
celui qui se produit au lever d' Arthur au moment où
Sirius et Orion luisaient majestueusement au sud, éphéméride
qui, antérieurement, inspira à Hésiode les beaux vers
609 et 610 de Travaux et Jours: "Quand Orion et
Sirius arriveront à la moitié du ciel et que l'Aurore
aux doigts roses pourra voir Arthur, Oh Perses!,…", avant
d'être reflétée, avec des cercles de pierres, dans un
autre milieu mais avec la même correction et la même beauté
tout au moins, dans les emplacements d'Eteneta II, Unamene
et Lepako Estua.
-
Synchronismes
inusuels, proprement pyrénéens:
lever du Triangle d'Hiver- coucher de celui d'Été en même
temps que la Grande Ourse commençait sa culmination inférieure
et rencontrait au sud la mer céleste qui allait de la
Baleine aux Poissons en incluant l'Austral, alors que
venait de s'en aller Fomalhaut, prophète de l'instantanée
céleste la plus éminente de l'histoire de l'homme dans
le marc duquel bon nombre de religions encore en vigueur
prirent leurs racines aujourd'hui oubliées. Sirius naissant
dans son solstice et la Voie Lactée au zénith du diadème
céleste replet de signes qui montrent un chemin, le Chemin
vers l'Océan dans le Finisterre, qui fut par la suite,
peu de siècles plus tard, celui de Santiago mais
ça c'est une autre histoire , le principal exemple
de cette position est montré dans l'axe E.-O. qui va depuis
les cromlechs de Maistrugain, au pied du mont Gorramendi,
jusqu'à Izarraitz en suivant l'axe Izu-Altueta-Adarra-Izarraitz,
dont le bord, qui coïncide avec ceux du U.T.M. quadrillé
de la cartographie de l'Institut Géographique National
d'Espagne à la hauteur et entre les coordonnées (47) 84000
et 85000, les constructeurs laissèrent écrite avec des
cromlechs une trace de l'éminente éphéméride stellaire
mentionnée.
Il
convient de mentionner également comme synchronisme pyrénéen
celui qui correspond au cheminement du Poisson Austral,
du lever au coucher, en relation avec la culmination inférieure
de la Grande Ourse, magistralement pris en compte à Elutxo
Arria en combinaison avec Birango et d'un autre
point de vue aux Kauso, à Arriurdiñeta,
à Auntzbizkar et au Maistrugain déjà cité.
De même on voit fréquemment le synchronisme de la relation
entre le lever d'Antarès et le coucher de la porte nord
de l'écliptique dans la Voie Lactée; Agiña I peut
en être un exemple remarquable, bien que détérioré.
haut
Alignements
Après
les astérismes et les synchronismes, les alignements d'étoiles
sont un exemple des représentations stellaires pyrénéennes:
parmi eux, celui d'Errenga est un bon exemple, qui montre
des étoiles de la Voie Lactée dans leur position E.-O. collée
à l'horizon nord, du Cygne à Procyon. Sont aussi très répétés
ceux qui indiquent le nord, parmi eux on peut citer ceux d'Erregelo
et de Mendizabale situés sur la cime du mont Baigura
et celui, complexe et sur le point de périr, du coteau d'Elorrieta
au pied du mont singulier d'Auza. À part ceux qui sont cités,
on pourrait remarquer l'alignement représenté dans l'astérisme
nord du groupe remarquable d'Errekalko 21 étoiles
pour 21 cercles situé dans la commune d'Arano, véritable
joyau de l'archéoastronomie pyrénéenne, dont l'importance
ignorée contribue tant à sa détérioration progressive et implacable.
Cependant,
il est peut-être encore prématuré de chercher des classifications.
Celle du cromlech, dans son aspect astronomique, c'est le
moins qu'on puisse dire s'agissant de cette science, est l'histoire
d'une précision: celle du calque du firmament s'adaptant au
terrain local pré-hermétisme? ; là les termes
intermédiaires n'ont pas de prise, ou on devine la proposition
d'emblée comme un tout démontrable, mathématique et répété,
ou on la démonte de façon raisonnée.
haut
|